Gizmo-Inc est un site
ayant ouvert ses portes il y a déjà quelques mois, et dans lequel
chacun de ses oufs malades de rédacteur (dont votre serviteur fait
parti) écrit sur ce qu'il aime, et uniquement ce qu'il aime, que ce
soit en ciné, en zique, en littérature ou en BD.
Déjà rempli d'articles foutrement
pertinents et intéressants, le site lance aujourd'hui une nouvelle
rubrique visant à faire découvrir quelques petites perles rares, méconnues ou oubliées.
Cela commence par une comédie, et pas la moindre puisqu'il s'agit
d'Idiocracy. D'autres suivront, et vous pouvez
d'ores et déjà vous attendre à quelques autres films ou séries du
même genre.
Vous pouvez donc cliquer sur la
bannière ci-dessous si le coeur vous en dit, et pourquoi pas vous
inscrire sur le forum du site, où
nous vous accueillerons bien chaleureusement, cela va sans
dire.
Argh, mon dieu, non, pas de
mise à jour depuis des semaines et il revient causer de
télé-réalité, ce con..."
Certes, mais rassurez-vous, on
n'est pas là pour causer du prochain départ dans Secret
Story ou du dernier flop du gagnant de la
Star Ac', mais plutôt du nouveau
programme proposé par messieurs Gervais et Merchant, que l'on ne
présente plus.
Celui que l'on peut présenter par
contre, c'est Karl Pilkington (au centre sur la photo). Producteur
d'une émission radio dans laquelle Gervais et Merchant officiaient
avant d'être connus, ces derniers se sont rendus compte, au fil des
discussions, à quel point celui qu'ils appellent "the man with
a head like a fuckin' orange" pouvait être hilarant malgré
lui.
De là naquirent plusieurs émissions
radios et autres podcasts, dans lesquels les deux compères
échangeaient des idées avec Pilkington sur tous les sujets
possibles et imaginables (politique, sciences, sport, art etc),
dans le seul but de ridiculiser leur ami et bien évidemment, de
faire mourir de rire les auditeurs. Si l'on peut être consterné par
cet aspect "Diner de Cons", comment ne pas hurler de rire quand
Pilkington annonce avec le plus grand sérieux "Does the brain
control you or are you controlling the brain? I don't know if I'm
in charge of mine." ou encore "The Elephant Man (son
film préféré, NDLR) would never have gotten up and gone,
‘Oh, God. Look at me hair today'"...
Leur dernier méfait, celui qui nous intéresse aujourd'hui, est
d'avoir envoyé Karl , ce petit anglais limite inculte qui n'est
jamais allé plus loin que le Pays de Galles, faire le tour du monde
pour visiter les 7 Merveilles. Le tout pour une émission de
télé-réalité qui sera diffusée sur Sky1 dès le 23 Septembre.
Le chaine a commencé à faire
connaitre cette série, intitulée très justement An
Idiot Abroad, avec une preview de 20 minutes
présentée par Gervais et Merchant. Et autant dire que cela
s'annonce grandiose !
Pendant que Fatal
de Michael Youn, comédie assez honorable au demeurant, squatte les
salles, certains internautes se posent quelques questions :
- Eh mais, cette histoire, ce
serait pas un peu la même que dans Zoolander
?
- Dis donc mais, cette chute,
ça me rappelle un peu Hot Rod...
Oui, Youn ne s'en cache pas, il est
allé chercher des idées dans le meilleur de la comédie US pour que
son film ressemble à quelque chose. Et au vu du résultat, nettement
supérieur à tous les Coco ou
Cyprien venant d'autres humoristes, bien lui en a
pris. On aurait juste aimé que les critiques ou chroniqueurs télés,
parfois surpris par la qualité du film, s'en soient étonnés, mais
c'était peut-être trop leur demander.
Mais Youn n'est pas le premier à
s'inspirer des américains, d'autres noms plus ou moins prestigieux
que lui étaient déjà passé par la case
hommage/récupération/pompage. Mon dieu, ça pourrait faire jaser en
France, le pays qui chie sur la moindre annonce de remake, mais
voici un petit florilège de ces sketchs (en mettant volontairement
de côté la qualité de chacun - certains sont nazes, d'autres très
réussis - pour se concentrer sur l'influence des humoristes
d'outre-Atlantique, voire d'outre-Manche).
Hamburger
Film Sandwich, réalisé par John Landis et écrit par
les ZAZ
Autant lui consacrer le premier
paragraphe à celui-ci, vu à quel point il a été pillé dans notre
cher pays. Au-delà des extraits que l'on verra par la suite, sa
structure même a été reprise dans le TVN 595 des Nuls, qui
reprennent donc l'idée de parodier les programmes d'une journée
complète d'une chaine de télévision.
L'emprunt le plus évident est
probablement la reprise de la Carioca. Quand bien même cette
chanson existait avant le film de John Landis, c'est dans celui-ci
qu'elle a été reprise sous une forme humoristique. Nul doute que
Chabat, Lauby et Farrugia s'en sont souvenus pour La Cité
de la Peur.
Mais il n'y a pas que les Nuls qui
ont kiffé la première incursion au ciné des ZAZ, l'autre groupe
d'humoristes préféré des français ne se sont pas privés pour
récupérer deux sketchs. Je parle bien sûr des Inconnus, et plus
particulièrement de Ushuaïa dans son froc et du
Jorétapo.
Et pour finir avec
Hamburger Film Sandwich, je n'ai malheureusement
pas pu trouver la vidéo, mais il est évident que la scène du
tribunal a inspiré les Robins des Bois pour leurs Grands Procès
de l'Histoire (et notamment l'utilisation de Pef en tant que
présentateur des procès).
Top Secret
!, écrit et réalisé par les ZAZ
Oui, les Nuls sont aussi fans des
ZAZ que vous et moi. La preuve avec cette reprise d'une idée
géniale provenant du meilleur film des frères Zucker et de Jim
Abrahams : une scène tournée à l'envers qui prend tout son sens
lorsqu'on la remet à l'endroit. Bon, on troque Peter Cushing contre
Zabou, mais les Nuls ont réussi le tour de force de tourner la
scène en direct dans L'Emission.
Saturday
Night Live
Je ne pense pas qu'il soit utile de
présenter cette émission, institution aux Etats-Unis depuis le
milieu des années 70, et réservoir à talents qui donna au cinéma
les meilleurs acteurs de comédies. Son concept même fut d'abord
repris par les Nuls pour leur Emission : une diffusion le
samedi soir, une célébrité qui vient jouer dans des sketchs avec la
troupe habituelle (tout en commençant seule par un petit speech),
une parodie de JT récurrente en plein milieu etc. Kad et O
essaieront de reprendre le même principe avec Samedi Soir en
Direct, avec moins de brio toutefois (et moins de succès).
Bref, plus qu'un sketch en
particulier, c'est ici plus la structure de l'émission qui fut
reprise. Cependant, les Robins des Bois ne se sont pas privés de
reprendre le Japanese Game Show de Mike Myers et Chris Farley à
leur compte. Un jeu télévisé étranger, et un participant ne
comprenant rien à ce qu'on lui demande, pas de doute, y'a de
l'inspiration dans l'air...
Ricky
Gervais et Stephen Merchant
Bon, Antre de la Comédie oblige, on
pouvait pas passer à côté d'eux. D'autant qu'ils ont été "victimes"
d'un phénomène assez inédit : d'abord un vrai remake, puis un
faux.
Le vrai remake, c'est évidemment
Le Bureau, adaptation de The
Office par Nicolas et Bruno, les créateurs des
Messages à Caractère Informatif. Ces derniers se sont
révélès un peu trop humbles par rapport à l'original, puisqu'ils
ont repris scène par scène tous les épisodes de la première saison.
Autant dire que cette version française n'a que peu d'intérêt pour
quiconque ayant déjà vu la version UK (et pour ceux qui ne l'ont
pas vu, mieux vaut se jeter directement sur cette dernière...).
Le faux remake, c'est l'inattendu
Inside Jamel Comedy Club. Faux
documentaire (tiens tiens) sur les coulisses de la tournée du Jamel
Comedy Club, cette série reprend tous les éléments des oeuvres de
Gervais et Merchant : les interviews face-caméra, un humour
hilarant basé sur des éléments déprimants, un David Brent en
puissance en la personne de Fabrice Eboué, une histoire d'amour
maladroite mais touchante (enfin, voulant être touchante, plutôt,
dans le cas de l'Inside...), et y'a même
un petit zeste d'Extras avec Obispo qui
vient se moquer gentiment de lui-même.
La série est très amusante, là
n'est pas la question, mais on peut aussi s'indigner quand Jamel
vient dire au Grand Journal qu'il "n'a jamais vu un truc comme
ça à la télé". Mouais. En même temps, j'imagine qu'il ne
fallait pas compter sur Ariane Massenet pour lui parler de
Gervais...
Alors oui, cette liste n'est pas
exhaustive. Et encore oui, c'est plus un prétexte qu'autre chose
pour remater ces sketchs et extraits. Ceci dit, l'exception
culturelle en prend un petit coup, parce que non, les ricains ne
sont pas les seuls à reprendre leurs idées ailleurs.
Très à la mode dans les 80s et 90s
avec des films comme L'Arme Fatale, Die
Hard 3, 48 Heures ou Point
Break, puis un peu tombé dans l'oubli dans les années 2000
(faut dire que c'est pas avec des Rush Hour ou des
Bad Boys que le genre allait renaitre, même si on
a eu l'excellent Kiss Kiss Bang Bang et l'ultime
Hot Fuzz), le buddy cop movie semble revenir en
force en 2010, avec deux films qui nous intéressent
particulièrement puisque orchestrés par messieurs Adam McKay
(Anchorman, Step Brothers) et
Kevin Smith (Clerks, Chasing
Amy). Pour un même résultat, qualitativement parlant ?
Nous avions déjà évoqué ces deux
films dans l'article Qu'attendre de 2010 ?, je ne vous referai donc
pas le topo sur le fait que McKay n'est désormais plus produit par
Apatow, que Smith n'a pas écrit Top Cops, ou sur
le casting assez exceptionnel des deux films. Par contre, puisque
les deux bande-annonces sont disponibles, on peut peut-être déjà
s'avancer sur la qualité de chacun.
The Other
Guys, d'Adam McKay
Top
Cops, de Kevin Smith
On a donc d'un côté un buddy movie
parasité par le Will Ferrell show, où l'ombre de McKay plane sur
toutes les répliques (Samuel L. Jackson qui se met à gueuler sur
Ferrell tout d'un coup, c'est vraiment du pur McKay) et où la BA
est un des rares trailers PG à être vraiment drôle (pour un film
R-Rated, j'entends).
Et de l'autre un film qui
semblerait avoir pu être réalisé par n'importe qui (à une référence
à Star Wars près), avec un Tracy Morgan à priori
insupportable et un trailer R cette fois qui peine à arracher un
sourire.
Alors on sait que McKay est en
pleine bourre (Anchorman et Step
Brothers sont géniaux et Talladega Nights
excellent même si plus bancal), tandis que Smith se cherche un peu
après avoir tout dit dans l'immense Clerks 2, et
ce n'est pas son interview en deux parties par l'équipe d'AICN qui
nous rassurera (à lire d'abord ici puis
là).
Confirmation défintive des craintes ou espoirs que l'on peut avoir
envers ces deux réalisateurs : le 23 Juin pour Top
Cops et le 6 Octobre pour The Other
Guys.
Scott Pilgrim est une BD canadienne en
6 volumes (dont seuls les cinq premiers sont sortis pour l'instant)
qui raconte les histoires d'amour et d'amitié de plusieurs potes
vivant à Toronto, quasiment tous dans leur vingtaine. Le personnage
principal est Scott, 23 ans, qui a du mal à sortir d'une relation
douloureuse, malgré le fait que le volume 1 débute un an après sa
rupture. Ses amis et membres avec lui du groupe de rock Sex Bob-Omb
se foutent de sa gueule parce qu'il commence à sortir avec une
jeune asiatique de 17 ans. Mais lors d'une soirée, il rencontre la
fille qui hante ses rêves, Ramona. Au bout de quelques jours, il se
décide enfin à franchir le pas et l'inviter à sortir. Celle-ci
accepte mais le met en garde : pour que leur relation soit
officielle, il va falloir que Scott combatte un par un les 7 ex
diaboliques de Ramona !
De là part un délire qui emprunte
autant aux jeux vidéos, aux mangas et à la culture rock, tout en
traitant de manière très sérieuse les relations entre les
personnages. Dans Scott
Pilgrim, un mini-sac peut contenir un marteau géant, on
gagne des points d'expérience en trouvant un boulot ou en avouant à
sa petite amie qu'on l'aime, un samouraï peut trancher un bus en
deux sans que ça n'étonne personne, 7 ex petit-amis sont présentés
comme autant de boss de fin de niveaux, chacun ayant des pouvoirs
particuliers (un skater hors-normes, un bassiste aux pouvoirs
psychiques, deux jumeaux qui font combattre leurs multiples robots
etc)... Mais tout ceci reste très ancré dans le monde réel, tout en
gardant constamment un ton humoristique : la ville de Toronto est
reconnaissable dans ses moindres recoins, les personnages ont un
background assez riche dévoilé au travers de plusieurs flashbacks
qui expliquent leur passé, et l'histoire se concentre
principalement sur leurs petites galères et activités quotidiennes
(rompre avec une nana, trouver un boulot, aller à une soirée,
répéter avec son groupe, oublier ses clés...).
Quoi de plus normal, donc, que ce
soit Edgar Wright qui s'occupe de l'adaptation cinématographique ?
Lui qui, avant Shaun of the
Dead et Hot Fuzz,
était avant tout l'auteur de Spaced, série comportant de
nombreux points communs avec Scott Pilgrim. Pour rappel, c'était
aussi une série humoristique sur un jeune dans la vingtaine qui
essaie de se remettre d'une rupture, ça traitait tout aussi
sérieusement des relations amicales ou non entre les personnages
(avec une identification immédiate à ces derniers), et ça se
permettait des écarts délirants qui s'inséraient tout naturellement
au sein de l'histoire (quiconque a déjà vu la série se souvient
forcément de Resident Evil, de la partie de paintball ou encore du
gunfight mimé et bruité en pleine rue).
Au vu des premiers avis qui
trainent sur le net (ici ou là -
attention aux
spoilers si vous n'avez pas lu la BD), Wright semble avoir
gardé le ton de l'œuvre originale (les délires visuels ont
apparemment été repris tels quels, il faut par exemple s'attendre à
voir le logo Universal version 8 bits avec sa musique en midi),
aidé par un casting absolument parfait : Michael Cera sera
forcément un excellent Pilgrim (lui qui est passé maitre dans l'art
de jouer les personnages à côté de la plaque, reste à savoir s'il
sera assez crédible en botteur de culs professionnel), Mary
Elizabeth Winstead est idéale en Ramona (vous savez, la nana dont
vous devez instantanément tomber amoureux), et parmi les evils
ex-boyfriends on trouve notamment Chris Evans et Brandon Routh (qui
n'a jamais rêvé de leur foutre une branlée ?), tandis que Jason
Schwartzmann sera le bad guy ultime (dont on ne sait encore
quasiment rien au point où on est la BD, il sera d'ailleurs
intéressant de voir à quel point les fins différeront, le sixième
et dernier volume devant sortir après le film, un peu à la manière
d'Akira).
Et le trailer visible sur la
toile depuis jeudi (que vous pouvez voir en début d'article, mais
dont je vous conseille plutôt fortement la version HD) confirme toutes ces attentes. Je
vais pas partir dans une analyse image par image, certains le font
beaucoup mieux que moi :
Si après tout ça, Scott
Pilgrim vs. The World n'est pas le film que vous attendez
le plus cette année, je ne peux que vous conseiller une chose :
soit vous vous procurez le premier volume de la BD qui vient enfin de
sortir en France, soit vous récupérez tous les tomes déjà sortis
aux Etats-Unis, en attendant le sixième et dernier prévu pour le 20
Juillet (quelques jours avant la sortie du film, donc) : Scott
Pilgrim's Finest Hour. Personnellement, je n'en peux plus
d'attendre.