Depuis quelques années, le monde de la comédie parodique s'enfonce de plus en plus dans la médiocrité. Depuis un premier Scary Movie qui pouvait faire illusion grâce à son mauvais goût assumé, les tentatives de pastiches sont désormais torchées à la va-vite histoire d'engranger un max de pognon en un mimimum de temps en capitalisant sur des succès récents (voir par exemple le trailer du déjà exaspérant Disaster Movie, où on en arrive à faire des gags sur des films pas encore sortis comme Hancock... Vous avez dit opportuniste ?).
Scénarios écrits en deux soirées autour de DVDs fraichement achetés et d'un paquet de (mauvaise) weed, tournage d'une ou deux semaine(s) qui base ses débuts de scène sur un film connu pour les finir sur une chute causée par une peau de banane, post-prod à peine plus longue histoire de rajouter quelques effets cheap, et hop we got a movie.
Les fans des Top Secret, Airplane ou autres Naked Gun se bouffent donc le peu de doigts qui leur reste après la mort artistique des ZAZ, en espérant trouver une perle digne de ces ancêtres. C'est alors qu'un certain Jake Kasdan (fils du célèbre Lawrence) s'est décidé de parodier les biopics musicaux ayant fleuri ces dernières années, Ray et Walk the Line en tête...

En voulant s'amuser un après-midi, les frères Cox décident de se lancer dans un combat de machetes. Celle du jeune Dewey sort malencontreusement de son fourreau et transperce Nate en deux. Rejeté par son père, Dewey perdra l'odorat ce soir-là, mais apprendra aussi à jouer de la guitare grâce à deux bluesman. Quelques années plus tard, lors d'un spectacle proposé par son collège, Dewey sera pourchassé par tout le village pour avoir jouer ce que le prêtre appelle la "musique du Diable". C'est alors que le jeune musicien décidera de partir de sa maison, pour percer dans le milieu de la chanson, écrire son chef d'oeuvre, et tout celà, sans odorat.
La première des qualités de Walk Hard est de proposer une histoire construite, avec un début, un milieu et une fin. Ca peut paraitre étonnant de dire ça, mais lorsque on a pris l'habitude des successions de sketches plus ou moins drôles (souvent moins) de toutes les parodies citées plus tôt, ça en devient une réelle et agréable surprise. Alors certes la trame n'est pas originale, mais quoi de plus normal finalement puisque tous les biopics (pourtant centrés sur des personnes très différentes) suivent tous le même schéma : jeunesse / succès / déchéance / renaissance. Ainsi, et preuve de la qualité d'une parodie, pas besoin d'avoir vu les films qu'elle évoque pour l'apprécier pleinement.
De ce côté-là, le duo Kasdan/Apatow (qui avaient déjà bossé ensemble sur les séries Freaks and Geeks et Undeclared), bien aidé par un John C. Reilly exceptionnel en Dewey Cox, a pleinement réussi son pari.

En plus de celà, le film est un immense hommage au rock sous toutes ses formes, Dewey Cox traversant les époques et les genres tel notre Johnny national, y rencontrant ses icônes (Elvis, Buddy Holly ou encore les Beatles...), ou pompant allègrement les plus grandes stars (le passage sur Bob Dylan est monumental). L'occasion pour le gang d'Apatow d'apparaitre (presque) au complet, mais aussi à d'autres célébrités auxquelles on aurait pas forcément pensé de venir s'amuser (faut voir le Jack White des White Stripes cabotiner en Elvis ou encore le véritable Patrick Duffy se faire tabasser par John C. Reilly).
Malgré quelques longueurs dont la team a décidément du mal à se débarrasser, le director's cut est bien plus recommandable que la version cinéma, puisqu'il y apporte quantité de gags mais aussi plus de profondeur au niveau des personnages et, surtout, des chansons plus longues.

Les chansons, parlons-en justement. Écrites par le trio Kasdan/Apatow/Reilly, aidés par le compositeur Michael Andrews (Undeclared, Orange County, mais aussi Donnie Darko...), elles arrivent à être à la fois drôles (Let's Duet ou You got to love your negro man) mais aussi totalement crédibles suivant les époques auxquelles elles sont chantées. Les différentes versions (disco, hip hop...) du titre principal Walk Hard sont un bon exemple de l'évolution de la musique mais aussi du personnage de Cox lui-même.
Le film est donc une réussite quasi-totale, et évidemment la sortie française fut annulée suite à son bide aux États-Unis. Est-ce le mélange entre réalisme et absurde, et la volonté de pousser loin le R-Rated (en foutant régulièrement des nanas et des gars entièrement à poil, par exemple) qui peuvent expliquer pourquoi le public a boudé le film ? Aucune idée. Quoi qu'il en soit, le DVD Zone 1 contenant les deux versions du film est aussi bourré de bonus. Vous savez ce qu'il vous reste à faire...














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