Ricky Gervais et Stephen Merchant sont les créateurs de l'excellente série The Office, depuis remaké avec brio par les américains avec Steve Carrell dans le rôle-titre. Spécialistes lorsqu'il s'agit de faire rire en montrant les moments les plus embarrassants, gênants et humiliants possibles pour leurs personnages, leur projet de s'attaquer au monde de la figuration, fait d'égos démesurés et de franches désillusions, ne pouvait que faire des étincelles.

Effectivement, Extras suit donc le destin de deux amis (Andy et Maggie, interprétés par Gervais et Ashley Jensen), figurants de profession mais rêvant de devenir de vrais acteurs. Allant de tournages en tournages, cherchant désespérément à récupérer une ligne de dialogue, les deux s'entendent parfaitement même si le premier déteste tout et tout le monde tandis que la seconde fait preuve d'une joie de vivre étonnante. Malgré le fait qu'il ait le pire agent du monde, Andy réussira à approcher la BBC pour leur proposer une idée de série, tandis que Maggie continuera à avoir du mal à percer.
La première saison s'attarde sur les errements de ces deux personnages, des rendez-vous ratés (ils partagent la même maladresse pour les sorties en couple) aux engueulades avec l'agent minable d'Andy (exceptionnel Stephen Merchant), en passant par les humiliations publiques de leurs anciens amis ayant vaguement plus réussis leur carrière. Tout ceci au travers d'un humour souvent politiquement incorrect, à base d'handicapés, de racisme inavoué, de piques envers la religion et j'en passe. Aussi, le concept de la série étant "1 épisode = 1 guest", des personnalités telles que Ben Stiller (voir vidéo), Kate Winslet, Samuel L. Jackson ou Patrick Stewart viennent se foutre de leur propre gueule (et certains font même preuve d'un humour hallucinant tellement les propos peuvent être virulents).
Contrairement au David Brent de The Office, le personnage de Gervais gagne ici la sympathie du spectateur, même s'ils ont pour point communs d'être deux éternels losers. Ce qui rend les moments humiliants encore plus douloureux pour le spectateur, et ils sont nombreux. Bref, sans être exceptionnelle, cette première saison reste tout de même bien poilante, pour peu que l'on aime l'humour de ces deux auteurs fous que sont Gervais et Merchant. Mais le véritable choc viendra par la suite...

La deuxième saison commence lorsqu'Andy parvient à débuter le tournage d'une sitcom dont il a eu l'idée. Voulant tout d'abord en faire une oeuvre dont il serait fier, il est finalement obligé d'accepter tout un tas de conditions débiles imposées par la BBC (perruques et lunettes obligatoires pour être "plus drôle", répétitions à l'infini de la phrase-type du show...). Acceptant tout cela à contrecoeur, la sitcom est lancée, les premières critiques sont catastrophiques mais elle parvient tout de même à trouver son public...
Traitant magistralement de la célébrité éphémère et de ses conséquences (sujet déjà rapidement évoqué dans le Christmas Special qui venait clore The Office, où un David Brent venait montrer sa tronche dans des boites de nuit pour surfer sur la diffusion du documentaire), cette deuxième saison hisse Extras au rang d'oeuvre majeure de la télévision. Tout en continuant dans l'humour improbable (faut voir Daniel Radcliffe balancer une capote sur la tête de Diana Rigg), la série lorgne aussi énormément vers le drame, avec cette prise de conscience de leur médiocrité par des personnages pourtant attachants : Maggie qui se rend compte qu'elle n'a rien fait de sa vie, Andy qui deviendra de plus en plus distant et arrogant, des situations de plus en plus gênantes (la branlette sous table de l'agent d'Andy pourrait très bien résumer l'humour de la série : on ne sait plus s'il faut être embarrassé ou pleurer de rire, même si c'est souvent les deux en même temps)...
Le tout culmine dans un Christmas Special d'une tristesse inouïe (pour ma part, première larme versée devant un programme, qu'il soit télé ou ciné, et c'est véridique), où chacun arrivera à ce qui semble être un point de non retour. Je vous rassure, ça reste poilant, mais c'est aussi terriblement douloureux et parfois à la limite du regardable.
Composée de deux saisons de six épisodes chacune, et de l'épisode final Christmas Special d'1h20, je ne peux donc que vous conseiller de vous plonger dans l'univers drôle et tragique de ces deux génies que sont Ricky Gervais et Stephen Merchant.















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