It's Arrested Development  (Séries TV) posté le lundi 25 août 2008 16:45

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Il existe des séries que vous suivez vaguement, ratant quelques épisodes par-ci par-là. Pas qu'elles ne vous intéressent pas, non, mais vous y trouvez juste un intérêt limité, et la jouissance maximale qu'elles vous ont procuré fut de vous faire passer 20min entre deux autres activités. Il existe aussi celles dont vous avez entendu parler mais dont vous vous foutez royalement, souvent à raison, parfois à tort, mais reconnaitre d'être passé à côté sera votre souci pendant au moins un quart de seconde. Il en existe d'autres dont vous ne voulez pas rater le moindre épisode. Que ce soit pour leur côté feuilletonesque ("raaah mais comment va faire Jack Bauer pour désamorcer une bombe, sauver sa fille, infiltrer un groupe terroriste et démasquer la taupe de la CTU, le tout en une heure ??"), ou parce que ça vous fait plaisir de retrouver des personnages auxquels vous vous êtes attachés ("I'll be there for you... 'Cause you're there for me tooooo").

Et puis il existe celles dont vous ne vous lasserez jamais. Parce que chaque vision permet de toujours découvrir de nouveaux détails. Parce que malgré le fait que vous connaissiez les répliques par coeur, elles vous font toujours marrer. Parce que vous n'aviez jamais vu une oeuvre comme celle-là auparavant, et parce que vous n'en verrez plus jamais. Et il y a de fortes chances pour qu'une fois que vous y ayez goûté, Arrested Development, créée par Mitchell Hurwitz en 2003, fasse parti de cette catégorie.

 

La famille Bluth au complet

 

"Now the story of a wealthy family who lost everything, and the one son who had no choice but to keep them all together. It's Arrested Development."

C'est sur ces mots, lancés par Ron Howard himself qui officie en tant que narrateur sur la série, que débute chaque épisode. Car en effet, Arrested Development raconte l'histoire d'une famille très riche qui a tout perdu, et du fils qui n'a pas d'autre choix que de la maintenir unie. Une sitcom étant basée en priorité sur ses personnages, une petite présentation s'impose :

Le jour où il annonce que la personne lui succédant en tant que président de la Bluth Company est sa femme égocentrique et alcoolique Lucille (Jessica Walter), George Bluth Sr (Jeffrey Tambor) est arrêté pour détournement de fonds. Lucille ne pouvant pas assurer une entreprise partant à la dérive, son fils Michael (Jason Bateman), seul membre de la famille généreux, est chargé de s'en occuper. Le fait que les fonds de la Bluth Company soient désormais bloqués n'arrangent pas la soeur jumelle de Michael, Lindsay (Portia de Rossi), ni leur frère aîné Gob (Will Arnett), magicien raté, qui avaient pour habitude d'y puiser les ressources nécessaires à leur survie (fringues de luxes, yacht etc.). Mais le pire viendra lorsque George-Michael (Michael Cera), le fils de Michael, fera part à son père de son envie d'une vie en famille, ce dernier se verra obligé d'accueillir les autres membres dans la maison témoin où ils habitent. Le mari de Lindsay, Tobias (David Cross), homosexuel refoulé et ex-psychiatre devenu wannabe acteur, et leur fille Maeby (Alia Shawkat), emmènagent donc avec eux, ce qui arrange George-Michael puisqu'il est tombé amoureux de sa cousine. Pendant ce temps, le dernier fils de la famille Bluth, Buster (Tony Hale), grand enfant légèrement attardé, préfère rester avec sa mère qu'il n'a jamais quitté.

 

Le portfolio de Tobias Funke

 

Dès l'épisode pilote, le ton est donné. Présentant ce joyeux bordel grâce à une réalisation façon cinéma-vérité et un rythme hallucinant permettant d'enchaîner un nombre incalculable de gags à la minute, les créateurs du show maîtrisent leur sujet à la perfection. Et pourtant ce n'était pas gagné d'avance avec tous les batons qu'ils se mettaient volontairement dans les roues : des personnages tous absurdes, des principaux au moindre second rôle (seul celui de Jason Bateman sert d'ancrage au public pour lui permettre de pénétrer cet univers déjanté), un côté émotionnel mis de côté pour privilégier l'humour pur (et pourtant on arrive à s'attacher à cette famille de tarés), et une multiplicité des situations rendue compréhensible par la seule présence d'un narrateur.

Il faut l'avouer, ces premiers pas dans l'univers d'Arrested Development sont tout de même déconcertants, et nombre de personnes n'adhéreront pas forcément à ce style si particulier dès le début. Ce n'est souvent qu'au bout de quelques épisodes que l'on est réellement conquis, lorsque l'on accepte de se laisser aller dans cette histoire folle. Et ce serait vraiment dommage de passer à côté, la qualité ne faisant qu'augmenter au fur et à mesure des épisodes et des saisons (3 en tout, qui totalisent 53 épisodes).

En effet, l'écriture se fait de plus en plus élaborée et adopte nombre de styles d'humour différents : running-gags dans les répliques comme dans les décors, jeux de mots foireux (grâce notamment à un Tobias Funke qui ne balance que des phrases à double sens), piques envers l'actualité, mise en abyme (les scénaristes prennent un malin plaisir à se foutre de la gueule des problèmes qu'a connu leur série, et ils furent nombreux), utilisation de la narration et des codes propres aux documentaires ou aux séries (chaque épisode se termine par un faux "On the next Arrested Development..."), et tout simplement absurdité des situations, des personnages et de l'histoire en elle-même.

 

Gob le Magicien

 

Et bien que les personnages principaux soient assez gratinés, la série propose une galerie de seconds rôles absolument hallucinante, pour laquelle un paquet de guests sont venus s'amuser : Henry Winkler, Liza Minnelli, Carl Weathers, Charlize Theron, Julia Louis Dreyfus, James Lipton et Amy Poelher pour les récurrents, mais aussi Ben Stiller, Christine Taylor, Scott Baio, Rob Corddry, Jane Lynch, Alan Tudyk, J.K. Simmons, Heather Graham, Ed Helms, Dan Castellaneta et j'en passe...

Malgré des critiques positives, la série a toujours eu du mal à trouver son public, même si elle est aujourd'hui redécouverte et appréciée à sa juste valeur grâce aux DVD et à des fans toujours plus nombreux, au point que les auteurs prévoient une suite cinématogrpahique pour bientôt. Chez nous, elle est d'abord passé sur la chaîne Comédie (mais pas en intégralité, me semble-t-il) et récemment sur Virgin 17 (mais seulement en VF, une hérésie pour une série se devant d'être découverte en VO), et un DVD regroupant les 3 saisons va sortir le 1er Octobre de cette année (mais vous pouvez d'ores et déjà vous les procurer séparément).

 

Il y aurait tellement plus à dire sur cette grande oeuvre télévisuelle, mais ce serait gâcher le plaisir des nombreuses surprises qu'elle renferme. Sachez tout de même qu'une fois que vous y aurez goûté il sera difficile de ne pas la regarder jusqu'au bout, et même d'y revenir tellement elle se prête bien à une deuxième (voire troisième) vision. Vous êtes prévenus...

 

TRAILER de la saison 1, qui permet de mieux appréhender l'esprit de la série...

 

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Tous les commentaires de l'article:
It's Arrested Development

  • Beat Kiyoshi

    mar 26 aoû 2008 14:29

    L'intégrale qui sort le 1er octobre coutera dans les 40€. Autant dire que c'est donné pour la meilleure série de pure comédie de tous les temps !

    (Sinon tu peux commander du côté de l'Albanie, comme on dit... ;))

  • ygrael

    lun 25 aoû 2008 21:43

    Et dire que je n'ai pas le câble