Portraits

Sacha Baron Cohen Part III : Bruno  (Portraits) posté le lundi 14 janvier 2008 13:09

Le dernier personnage créé par Sacha Baron Cohen est Bruno, un journaliste autrichien gay spécialisé dans la mode. S'il est moins connu qu'Ali G ou Borat, il n'en reste pas moins aussi trash qu'eux. La vidéo ci-dessus le montre en train d'interviewer un pasteur chargé de rendre les gays hétéro. Il ira tout de même jusqu'à lui faire dire que regarder la série Will and Grace est un pêché !

Mais l'autre intérêt avec Bruno est de pénétrer dans le monde de la mode. Là où Borat se régalait avec les rednecks texans, Bruno s'occupe des stylistes et autres mannequins, et évidemment le quotient intellectuel n'est pas plus élevé dans cet univers bien différent. Ainsi, Peter Jackson, barbu aux Oscars, est défini comme un "mini 9/11", et un styliste prétend que la passion de la mode aurait pu éviter la 2nde Guerre Mondiale...

Maintenant qu'on a fait un petit tour d'horizon concernant les personnages de Sacha Baron Cohen, et en attendant le film sur Bruno (pour l'instant intitulé Brüno: Delicious Journeys Through America for the Purpose of Making Heterosexual Males Visibly Uncomfortable in the Presence of a Gay Foreigner in a Mesh T-Shirt, ça s'invente pas), je ne saurais trop vous conseiller de vous procurer les deux saisons US du Da Ali G Show, disponibles en DVD Zone 1 bien évidemment. Ou alors vous pouvez toujours attendre une diffusion française, on est plus à quelques années près !

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Sacha Baron Cohen Part II : Ali G  (Portraits) posté le jeudi 10 janvier 2008 16:00

On continue l'exploration des personnnages créés par Sacha Baron Cohen avec le wannabe gangsta rappeur Ali G.

Selon Cohen, "Le principe était d'interviewer les personnes les plus intelligentes au monde, par la personne la plus débile possible". Ainsi est né Ali G, personnage habitant Staines, une petite ville tranquille au sud-est du Royaume-Uni, qui s'imagine être un immense gangsta rappeur. Le principe voulu par Cohen est respecté à la lettre dans le Da Ali G Show, où des personnalités comme Buzz Aldrin (appelé Buzz Lightyear par Ali G, véridique), James Lipton et de nombreux politiques tels que Boutros Boutros-Ghali sont tombés dans le piège.

En plus des interviews, Ali G était le présentateur de l'émission et animait des débats comme celui visible dans la vidéo au-dessus. Il est aussi le personnage principal d'un film, Ali G in da House, qui, contrairement à Borat, est une pure fiction, ce qui le rend beaucoup moins drôle même si certaines scènes restent mémorables et que certains acteurs en font des tonnes pour changer de registre (comme tout de même Michael Gambon et Charles Dance).

Prochain personnage : Bruno, le journaliste gay autrichien et fan de mode. 

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Sacha Baron Cohen Part I : Borat  (Portraits) posté le mercredi 09 janvier 2008 21:53

Sacha Baron Cohen apparait pour la première fois en tant qu'Ali G à la télé anglaise dans le 11 O'Clock Show (1998)-1999). Sa performance est tellement remarquée que la chaîne Channel 4 lui commande une série de 6 épisodes, dans laquelle il rajoute son personnage le plus célèbre désormais : Borat. Vient ensuite le film Ali G in da House (2002), qui fait connaitre le personnage aux Etats-Unis, et c'est cette fois HBO qui fait appel à lui. Le Da Ali G Show (2003-2004) connaitra 2 saisons de 6 épisodes chacune (à noter que Seth Rogen et Evan Goldberg, futurs scénaristes de l'excellentissime Superbad, ont bossé sur la 2ème saison), et un nouveau personnage fait son apparition : Bruno.

En 2006 arrive la consécration au cinéma : le film basé sur Borat est un succès mondial, et la performance de Sacha Baron Cohen dans Talladega Nights en tant que coureur automobile français réjouit tous les fans du frat pack qui s'étaient pourtant déplacés pour le tandem Will Ferrell/Adam McKay. Désormais bankable, on le verra dans le très attendu Sweeney Todd de Tim Burton, et il devrait aussi dédier un film à son 3ème personnage fétiche : Bruno. Dans la catégorie "on attend de voir ce que ça peut donner", il devrait reprendre le rôle de Villeret pour le remake du Dîner de Cons (pourquoi pas...) et celui de Sellers pour celui de The Party (là va falloir qu'il soit balèze).

Quoiqu'il en soit, c'est un acteur sur lequel il faudra désormais compter, et il était donc bien légitime de revivre un peu les grands moments de ses trois créations, en commençant par la plus célèbre : Borat.

 

Borat est un journaliste du Kazakhstan misogyne et antisémite qui se ballade en Angleterre ou aux Etats-Unis pour mieux comprendre les coutumes et les habitudes de ces deux pays. Cohen joue évidemment sur le côté naïf du personnage pour sortir les pires saloperies possibles, et attend de voir la réaction des gens. Et il faut avouer qu'au-delà de sa façon de parler ou de ce qu'il raconte, ce qui fait surtout rire avec ce personnage c'est lorsque son interlocuteur avoue à demi-mot qu'il est d'accord avec lui (voir la réaction du gars lorsque Borat parle de l'esclavage dans la vidéo au dessus). Vous pouvez aussi vous tourner vers l'épisode où il veut acheter une maison et demande s'il y a beaucoup de "men with chocolate faces" dans le quartier. La réaction de l'interlocuteur est juste hallucinante. 

A la fois à mourir de rire mais faisant aussi froid dans le dos, le film Borat n'a rien à envier aux meilleurs moments de la série en ajoutant notamment des petites scènes scénarisées comme le combat à poil dans la chambre d'hôtel. A cause de son personnage complètement trash, Cohen n'en finit plus de compter les procès contre lui, mais l'Histoire retiendra que c'était pour la bonne cause : se fendre la gueule à n'en plus finir.

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Trey Parker et Matt Stone  (Portraits) posté le mardi 08 janvier 2008 17:34

Connus en France pour être les créateurs de la mythique série South Park, Trey Parker et Matt Stone sont aussi célèbres pour leurs œuvres cinématographiques telles que Cannibal ! The Musical, Orgazmo ou encore Team America. Des films où l’on retrouve leur humour à base d’absurde directement hérité des Monty Python (Cannibal) mais aussi la satire de la société chère à South Park avec Team America.

 

Tout commença en 1995 par une carte de Noël appelée The Spirit of Christmas, narrant le combat entre Jésus et le Père Noël devant les yeux de quatre garçons nommés Stan, Kyle, Cartman et Kenny. C’était en fait une nouvelle version d’un court-métrage animé que Trey avait réalisé 3 années auparavant (et visible dans la vidéo au-dessus !). L’animation était rudimentaire mais l’humour ouvertement trash fit marrer les frères Zucker (les deux des ZAZ, oui), qui devaient trouver une personne pour écrire et réaliser une publicité pour fêter l’anniversaire des studios Universal. Choisissant Parker et Stone, la publicité devient un faux film de propagande hilarant où les deux futurs génies, alors totalement méconnus, ont le loisir de diriger (excusez du peu) : Steven Spielberg, Demi Moore, James Cameron, Sylvester Stallone, Michael J. Fox, Traci Lords ou encore John Singleton. Le film s’appelle Your Studio and You, et est bien évidemment visible sur le net.

 
http://i15.photobucket.com/albums/a390/lindsaylamar/dvd.jpg En 1996 sort Cannibal ! The Musical, comédie musicale inspirée d’une histoire vraie : le procès d’Alferd Packer, premier condamné po ur cannibalisme aux Etats-Unis. Distribué par Troma mais tourné alors que Parker était encore étudiant, le film comporte un nombre d’idées hallucinant compensant largement son manque de budget. Parker et Stone démontrent plus que jamais leur amour pour la comédie musicale (toutes les chansons sont composées par Parker himself, comme ce sera le cas pour le reste de sa filmographie), les débordements gores et l’humour absurde (les indiens japonais, le chat maléfique, le duel de regards avec le cheval…)… S’il n’a pas le génie visuel d’un Peter Jackson, le film peut tout de même être comparé à Bad Taste de par sa confection (Parker ne tourne pas les week-ends mais sèche les cours, filme grâce à son propre argent avant d’être aidé financièrement) et son humour rendant hommage aux Monty Python. Évidemment, Parker et Stone jouent dans le film, tout comme leur pote Dian Bachar, qui les suivra désormais dans tout leurs projets.

 

http://www.orgazmomovie.com/orgazmo-dvd-cover.jpg Fiers de leur première expérience cinématographique, ils s’attaquent ensuite à un autre monde qui leur est cher, celui du porno, avec Orgazmo (1997). L’histoire d’un mormon (Parker) spécialiste du kung-fu qui va devenir malgré lui une star du porno pour pouvoir payer son mariage. Le film dans lequel il joue détrônant Star Wars au box-office (!!!), il va être difficile pour lui de cacher à sa future épouse son activité, d’autant que les producteurs veulent absolument lancer la suite. Comédie plus classique que Cannibal ! The Musical (et donc peut-être un chouilla moins drôle), Orgazmo compte tout de même de grands moments de délire absolu, notamment avec un Dian Bachar survolté, star du porno mais aussi scientifique de génie,  inventeur de l’Orgazmo-Rayon (en gros une arme refilant l’orgasme ultime à ses victimes, il faut voir la scène où ils essaient ça sur une petite vieille), et spécialiste en combat refusant depuis une tragédie liée à son enfance de refaire la technique du hamster. Matt Stone est moins visible dans le film, mais ses apparitions sont à chaque fois à mourir de rire (« I don't wanna sound like a queer or nothin', but I think Depeche Mode is a sweet band! »).

 

Pendant ce temps, un certain George Clooney découvre The Spirit of Christmas et l’envoie à nombre de ses amis, dont un ponte de Comedy Central qui va s’empresser de faire signer un contrat à Parker et Stone : ceux-ci devront livrer pour la chaîne une série animée basée sur leur court-métrage, et auront quartier libre pour y insérer tout ce dont ils ont envi. Cette série, c’est bien évidemment South Park. Lancée en 1997, elle existe toujours aujourd’hui (à l’heure qu’il est on attend la 12ème saison pour Mars) et aura même donné lieu à un film, mais nous y reviendrons dans un futur article.

 

Désormais des stars grâce à South Park (ben oui, suffit de les voir arriver dans les robes de Jennifer Lopez et Gwyneth Paltrow à la cérémonie des Oscars où ils étaient nommés dans la catégorie Meilleure Chanson), ils ne prennent tout de même pas la grosse tête et préfèrent jouer dans des projets modestes. Ainsi, après avoir lu ce qu’ils considèrent comme « le scénario le plus débile qu’on nous ait proposé », ils acceptent de jouer dans le BaseketBall de David Zucker (1998), à condition que ce dernier augmente le nombre de personnages principaux de 2 à 3, de manière à pouvoir caser leur pote Dian Bachar. Ils jouent trois glandeurs qui vont devenir célèbres en inventant un nouveau sport, croisement entre du Basket et du Base-ball. Si le film est un pur moment de connerie jouissive mélangeant les styles des ZAZ (Zucker n’aura jamais retrouvé ce niveau depuis) et de Parker et Stone (le premier imite Mr Mackey et Cartman dans le film, et a même spécialement composé une chanson : Warts on my Dick), ces derniers regrettent tout de même le montage de Zucker et ont promis depuis un certain temps qu’ils se pencheront un jour sur l’Actor’s Cut.

 

Parallèlement à South Park, ils lancent en 2001 une nouvelle série, live cette fois, dont le principe de base est de faire une sitcom se déroulant à la Maison Blanche. Si vous voulez voir W. Bush balancer des punchlines débiles, des personnages secondaires complètement à côté de la plaque et des situations que n’aurait pas renié Seinfeld sauf qu’elles arrivent au président des Etats-Unis, c’est vers That’s my Bush qu’il faut se tourner. Malheureusement, la série fut un échec et Comedy Central arrêta la diffusion au bout de 8 épisodes. Vendu au public comme une version live de South Park, on peut peut-être expliquer cet échec par le fait que les spectateurs n’ont pas retrouvé ce qu’ils aimaient dans la série animée, surtout ceux qui s’arrêtent à la « vulgarité » des dialogues. Pourtant,  That’s my Bush est totalement dans l’esprit des deux auteurs, dans le sens où ils prennent un postulat de départ au premier degré (les sitcoms) mais transposé dans un élément qui va lui faire perdre tout son sens pour le rendre risible (ici le fait que ça se déroule à la Maison Blanche).

 

Leur prochain film, Team America, reprend complètement cette idée en partant sur un film d’action à la Jerry Bruckheimer très premier degré, mais entièrement joué par des marionnettes (directement inspirées des Thunderbirds). Ainsi, les scènes d’action deviennent ridicules, les dialogues sonnent faux et les scènes d’amour sont à pisser de rire. Mais Team America ne se résume pas à cela, et ils nous refilent à nouveau une comédie musicale sur fond de discours politique où tous les partis en prennent plein la gueule pour aboutir à la vision du monde que Parker et Stone possèdent, ce qu’ils ont fait dans tous les épisodes de South Park finalement.

 

 

 

En attendant leurs prochains projets cinématographiques, on peut se réjouir du contrat signé avec Comedy Central qui pousse South Park jusqu’à au moins 15 saisons. S’il y a bien une chose qu’on peut leur souhaiter, c’est que ça dure, d’autant que la qualité ne fait qu’augmenter. Mais on y reviendra…

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