Séries TV

South Park - Saison 12  (Séries TV) posté le jeudi 20 novembre 2008 12:39

 

South Park, série aussi grandiose soit-elle, a toujours eu le cul entre deux chaises. Ses auteurs, Trey Parker et Matt Stone, s'imposant un rythme de travail hallucinant, à savoir la confection d'un épisode de A à Z (de l'écriture à la diffusion donc) en une seule et unique semaine, le résultat peut s'avérer à chaque fois aléatoire. Si les exceptionnelles saisons 5 à 8 arrivaient à maintenir la qualité par une inventivité constante dans l'humour gras et la critique sociale, les écarts entre les épisodes n'ont depuis fait qu'augmenter. A tel point qu'on peut alterner le géniallissime (The Return of Chef, saison 10) avec le vraiment très mauvais (l'insupportable Manbearpig, saison 10 aussi). Seule la 11ème année à l'école de Cartman et cie parvenait à échapper à ce constat, d'abord par un enchainement de parodies toutes plus réussies les unes que les autres (24, le Da Vinci Code, 300, et les films de Romero ont servi de bases à d'excellents épisodes), puis par une trilogie désormais célèbre mêlant attaque terroriste et créatures imaginaires : Imaginationland (qui tranchait avec les conditions de travail des auteurs puisqu'elle fut pensée bien en amont, l'idée étant à la base d'en faire le second film tiré de la série). Autant dire donc que la saison 12 était attendue avec enthousiasme, que ce soit par les téléspectateurs ricains (la série battait ses records d'audience chaque semaine) ou par les internautes du monde entier (excellente initiative que de proposer les épisodes gratuitement sur le site officiel de la série, les anciens comme les nouveaux).

 

Britney littéralement mitraillée par les photographes

 

Et elle commençait sacrément bien avec deux épisodes complètement décalés par rapport au ton habituel de la série. Si Parker et Stone oeuvraient déjà souvent dans l'humour noir, jamais ils n'avaient été aussi loin dans la virulence de leur propos. Le premier épisode voyait ainsi Cartman atteint du SIDA suite à une opération des amygdales (!), le refilant ensuite à Kyle parce que ce dernier riait de l'ironie de la situation (!!), pour enfin découvrir avec l'aide de Magic Johnson que seul le contact avec de l'argent pouvait guérir du virus (analogie évidente au fait que seuls les plus aisés peuvent recevoir un traitement adéquat).

Le second, encore plus violent, montrait une Britney Spears au bout du rouleau, lassée par l'intrusion incessante des paparazzis dans sa vie privée, qui préfèrera en finir en se faisant sauter la cervelle avec un fusil à pompe. Survivant à ce drame, elle sera toujours emmerdée par des photographes voulant absolument avoir un cliché de son soi-disant "nouveau look". Stan et Kyle essaieront de la sauver, avant d'apprendre que tout ceci était un complot visant à donner au public son lot de tortures et de sacrifices. La comparaison est faite avec les jeunes filles auxquelles on filait des bijoux dans les temps anciens, qu'on l'on pouvait même traiter comme des déesses avant de les lapider à mort. Tout ceci se terminera dans une séquence glauquissime où tous les habitants de South Park mitrailleront littéralement Britney avec leurs appareils photos, pour que celle-ci s'écroule définitivement.

On a d'ailleurs eu l'occasion de remarquer, si besoin en était, la stupidité des médias français qui ont encore une fois montré leur incompétence dès qu'il s'agit de parler de cette série. Chez Morandini comme chez les abrutis du Petit Journal People de Canal+, les annonces faites était de l'ordre du "South Park se fout de la gueule de Britney Spears", extraits à l'appui avec la séquence du suicide. A se demander s'ils avaient vu l'épisode en entier donc, puisqu'il ne se moque évidemment pas de Britney, mais justement de ces journalistes people et de leur public.

Autre événement marquant de l'épisode, le fait que les garçons, Stan et Kyle, se rangent du côté des adultes à la fin. La série ayant constamment montré ces derniers en les caricaturant à l'extrème, pour qu'à chaque fois les morales des épisodes sortent de la bouche des enfants. Parker et Stone se cachent toujours derrière le regard faussement naïf du quatuor principal pour donner leur vision du monde, qui tranche avec les discours que l'on entend à longueur de journée par tous ceux qui ont habituellement la parole. Le fait donc que Stan et Kyle décident "d'abandonner"  et se rangent du côté de leurs parents rend le constat de l'épisode encore plus accablant.

Mais évidemment, qui dit changement de ton, dit colère des fans. Ces derniers n'hésitent pas à considérer Britney's New Look comme le pire épisode de la série, et plus globalement les deux épisodes comme le plus mauvais démarrage toutes saisons confondues. C'est vrai que ça manquait peut-être de blagues sur les juifs pour les convaincre...

 

Une souris-pénis au clair de lune

 

Les épisodes suivants revenaient vers des sentiers un peu plus balisés dans l'univers de South Park. Si Over Logging (avec la disparition d'Internet) et Canada on Strike (qui tapait sur la grève des scénaristes) étaient très amusants, les autres allaient du très mauvais (un Super Fun Time insupportable, très redondant, avec une parodie de Die Hard à côté de la plaque) à l'anecdotique (Major Boobage, bien foutu visuellement dans son hommage à Métal Hurlant, mais un peu chiant à côté, et Eek a Penis, qui ne vaut que pour sa chanson complètement autre avec une souris et un pénis en duo).

Loin d'être catastrophique, cette première moitié de saison commençait tout de même à rappeler les limites du rythme de travail du duo, comme les saisons 9 ou 10 ont pu le faire avant elle. L'habituel break de mi-saison devait donc permettre aux auteurs de se ressourcer, et de revenir pour une deuxième moitié plus intéressante, comme cela a souvent été le cas. La chute n'en aura été donc que plus dure...

 

Et elle démarrait bien, pourtant, cette deuxième moitié. The China Probrem fut un épisode assez jouissif, certes pas convaincant du tout dans la partie qui concernait Cartman et Butters (ces derniers essayaient de se débarasser des chinois après avoir vu la cérémonie d'ouverture des JO), mais absolument hilarante dans celle de Stan et Kyle. Ceux-ci pleuraient ce qu'ils considéraient être le viol d'Indiana Jones par Spielberg et Lucas, en référence évidemment à la quatrième aventure du héros, dont Parker et Stone ne s'étaient visiblement pas remis malgré le temps passé (le film est sorti en Juin, l'épisode en Octobre). Alors bien sûr, Tonton Spielby et le gros George avaient déjà été utilisés dans un épisode bien plus intéressant (Free Hat, saison 6), mais The China Probrem rappelait à quel point la série pouvait être poilante dès qu'elle tombait dans le trash complet. Ici les viols d'Indy imaginés par les gamins étaient montrés en utilisant des parodies de films célèbres comme Délivrance ou Les Accusés, et ça fonctionnait à merveille (faut vraiment voir Spielberg et Lucas en rednecks, shotgun à la main).

Breast Cancer Show Ever, Pandemic et Pandemic 2 : The Startling, eux, étaient loin de fonctionner à merveille, par contre. Ce trio de choc rappela les plus mauvais enchainements de la série, tel que celui d'A Million Little Fibers avec Manbearpig lors de la saison 10. Le premier était un épisode vintage dans lequel Wendy veut se battre avec Cartman, ce dernier commençant à paniquer à l'idée qu'une fille puisse lui foutre une branlée. Deux, trois passagaes rigolos n'arrivaient pas à sauver un épisode manquant cruellement d'idées neuves et de rythme.

Mais le gros problème vint du diptyque Pandemic. S'aventurant à nouveau dans le domaine de la catastrophe nationale que seuls les gamins peuvent stopper (ce que l'on a vu au moins un milliard  de fois dans la série, et de façon bien plus brillante), seules deux idées de base étaient étirées au maximum pour tenir la distance. Et quand en plus une des deux idée était moisie dès le départ (Randy, le père de Stan, ne veut pas lâcher son camescope, alors hop on fait une parodie de Cloverfield à la ramasse), on commence à avoir une idée du désastre. Il n'y avait que l'utilisation de Craig qui était intéressante, car au travers du personnage étaient moqués les rouages habituels de la série. Mais cette idée fut à l'origine d'un pétage de plomb complet des fans, qui oseront affirmer que si ce ditpyque est tout pourri, c'est parce que Parker et Stone en sont complètement conscients et se foutent ouvertement de leur propre gueule. C'est vite oublier qu'ils ont toujours pratiqué l'auto-critique tout au long de la série, au détour d'une réplique ou de quelques séquences, sans jamais que cela aboutisse à 45 minutes de vide total...

 

McCain et Obama

 

Le cas d'About Last Night est bien plus intéressant. On sait que le duo est extrèmement réactif dès qu'il s'agit de parler d'un événement récent. Mais là ils ont fait très fort. Pour rappel, les résultats de l'élection présidentielle américaine sont tombés le mardi 4 novembre au soir. Le lendemain, jour de diffusion de la série, on pouvait voir un épisode qui non seulement montrait Obama gagnant, mais aussi utilisait les discours de victoire/défaite pour l'un et l'autre des candidats, entendus la veille. L'histoire partait ensuite en parodie de caper movie à la Ocean's eleven plutôt amusante, et dans une représentation des électeurs des deux camps à peine caricaturée, dans laquelle surnageait Randy, personnage définitivement culte.

Les interviews des deux auteurs concernant ce tour de force se sont succédées, permettant d'apprendre que l'épisode fut préparé bien en amont en prenant dès le départ l'optique qu'Obama allait gagner (Parker avoua qu'ils auraient été bien emmerdés si ça avait été le contraire, une solution de secours n'ayant pas été envisagée). Dans un lien de cause à effet évident, pas difficile de deviner pourquoi l'épisode est qualitativement au-dessus de ceux qui l'ont précédé dans cette deuxième partie de saison...

Le final vit ensuite l'enchainement des très agréables Elementary School Musical (parodie d'High School Musical) et The Ungroundable (dans lequel les gothiques de l'école voient arriver d'un mauvais oeil la nouvelle mode "vampire", avec un Butters qui cartonne). Si ces épisodes ne resteront pas dans les annales, ils ont le mérite d'être très marrants et rythmés, chose à laquelle cette saison ne nous avait pas forcément habitué.

 

Une 12ème année en demi-teinte donc, qui rappelle fortement la très moyenne saison 10. Sachant que Parker et Stone avaient à nouveau retrouvé leur mojo avec une saison 11 excellente, on ne peut qu'attendre la 13ème avec impatience. Il faut juste espérer que le duo se rappelle que les meilleurs épisodes sont bien évidemment les plus travaillés. Au boulot les gars !

 

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Heat Vision and Jack  (Séries TV) posté le dimanche 19 octobre 2008 14:31

 

Alors que Tonnerre sous les Tropiques vient de sortir en salles (la critique ne devrait pas tarder à arriver, en attendant je vous conseille fortement de courir le voir), revenons en arrière dans le temps sur une oeuvre méconnue réalisée par Ben Stiller, où figurait déjà l'immense Jack Black.

Créée en 1999 par Dan Harmon and Rob Schrab, la série Heat Vision and Jack est un hommage autant qu'une parodie aux séries de SF américaines. Black y joue Jack Austin, un ancien astronaute devenu extrèmement intelligent après avoir approché le soleil de trop près, qui se balade toujours sur sa moto Heat Vision. Celle-ci est douée de parole puisqu'elle a fusionné avec le colocataire de Jack, joué par l'inévitable Owen Wilson. Ron Silver, le regretté Vincent Schiavelli et, bien sûr, Christine Taylor, complètent la distribution.

Proposée à la Fox, le network n'a pas souhaité renouveller la série. L'épisode pilote, que je vous propose de découvrir, n'a donc pas connu de suite.

(Il est amusant de noter que, dans le faux making-of Rain of Madness, le rôle principal de la série est attribué à Jeff Portnoy, le personnage de Jack Black dans Tropic Thunder)

 

Heat Vision and Jack - 1ère Partie

 

Heat Vision and Jack - 2ème Partie

 

Heat Vision and Jack - 3ème Partie

 

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It's Arrested Development  (Séries TV) posté le lundi 25 août 2008 16:45

 

Il existe des séries que vous suivez vaguement, ratant quelques épisodes par-ci par-là. Pas qu'elles ne vous intéressent pas, non, mais vous y trouvez juste un intérêt limité, et la jouissance maximale qu'elles vous ont procuré fut de vous faire passer 20min entre deux autres activités. Il existe aussi celles dont vous avez entendu parler mais dont vous vous foutez royalement, souvent à raison, parfois à tort, mais reconnaitre d'être passé à côté sera votre souci pendant au moins un quart de seconde. Il en existe d'autres dont vous ne voulez pas rater le moindre épisode. Que ce soit pour leur côté feuilletonesque ("raaah mais comment va faire Jack Bauer pour désamorcer une bombe, sauver sa fille, infiltrer un groupe terroriste et démasquer la taupe de la CTU, le tout en une heure ??"), ou parce que ça vous fait plaisir de retrouver des personnages auxquels vous vous êtes attachés ("I'll be there for you... 'Cause you're there for me tooooo").

Et puis il existe celles dont vous ne vous lasserez jamais. Parce que chaque vision permet de toujours découvrir de nouveaux détails. Parce que malgré le fait que vous connaissiez les répliques par coeur, elles vous font toujours marrer. Parce que vous n'aviez jamais vu une oeuvre comme celle-là auparavant, et parce que vous n'en verrez plus jamais. Et il y a de fortes chances pour qu'une fois que vous y ayez goûté, Arrested Development, créée par Mitchell Hurwitz en 2003, fasse parti de cette catégorie.

 

La famille Bluth au complet

 

"Now the story of a wealthy family who lost everything, and the one son who had no choice but to keep them all together. It's Arrested Development."

C'est sur ces mots, lancés par Ron Howard himself qui officie en tant que narrateur sur la série, que débute chaque épisode. Car en effet, Arrested Development raconte l'histoire d'une famille très riche qui a tout perdu, et du fils qui n'a pas d'autre choix que de la maintenir unie. Une sitcom étant basée en priorité sur ses personnages, une petite présentation s'impose :

Le jour où il annonce que la personne lui succédant en tant que président de la Bluth Company est sa femme égocentrique et alcoolique Lucille (Jessica Walter), George Bluth Sr (Jeffrey Tambor) est arrêté pour détournement de fonds. Lucille ne pouvant pas assurer une entreprise partant à la dérive, son fils Michael (Jason Bateman), seul membre de la famille généreux, est chargé de s'en occuper. Le fait que les fonds de la Bluth Company soient désormais bloqués n'arrangent pas la soeur jumelle de Michael, Lindsay (Portia de Rossi), ni leur frère aîné Gob (Will Arnett), magicien raté, qui avaient pour habitude d'y puiser les ressources nécessaires à leur survie (fringues de luxes, yacht etc.). Mais le pire viendra lorsque George-Michael (Michael Cera), le fils de Michael, fera part à son père de son envie d'une vie en famille, ce dernier se verra obligé d'accueillir les autres membres dans la maison témoin où ils habitent. Le mari de Lindsay, Tobias (David Cross), homosexuel refoulé et ex-psychiatre devenu wannabe acteur, et leur fille Maeby (Alia Shawkat), emmènagent donc avec eux, ce qui arrange George-Michael puisqu'il est tombé amoureux de sa cousine. Pendant ce temps, le dernier fils de la famille Bluth, Buster (Tony Hale), grand enfant légèrement attardé, préfère rester avec sa mère qu'il n'a jamais quitté.

 

Le portfolio de Tobias Funke

 

Dès l'épisode pilote, le ton est donné. Présentant ce joyeux bordel grâce à une réalisation façon cinéma-vérité et un rythme hallucinant permettant d'enchaîner un nombre incalculable de gags à la minute, les créateurs du show maîtrisent leur sujet à la perfection. Et pourtant ce n'était pas gagné d'avance avec tous les batons qu'ils se mettaient volontairement dans les roues : des personnages tous absurdes, des principaux au moindre second rôle (seul celui de Jason Bateman sert d'ancrage au public pour lui permettre de pénétrer cet univers déjanté), un côté émotionnel mis de côté pour privilégier l'humour pur (et pourtant on arrive à s'attacher à cette famille de tarés), et une multiplicité des situations rendue compréhensible par la seule présence d'un narrateur.

Il faut l'avouer, ces premiers pas dans l'univers d'Arrested Development sont tout de même déconcertants, et nombre de personnes n'adhéreront pas forcément à ce style si particulier dès le début. Ce n'est souvent qu'au bout de quelques épisodes que l'on est réellement conquis, lorsque l'on accepte de se laisser aller dans cette histoire folle. Et ce serait vraiment dommage de passer à côté, la qualité ne faisant qu'augmenter au fur et à mesure des épisodes et des saisons (3 en tout, qui totalisent 53 épisodes).

En effet, l'écriture se fait de plus en plus élaborée et adopte nombre de styles d'humour différents : running-gags dans les répliques comme dans les décors, jeux de mots foireux (grâce notamment à un Tobias Funke qui ne balance que des phrases à double sens), piques envers l'actualité, mise en abyme (les scénaristes prennent un malin plaisir à se foutre de la gueule des problèmes qu'a connu leur série, et ils furent nombreux), utilisation de la narration et des codes propres aux documentaires ou aux séries (chaque épisode se termine par un faux "On the next Arrested Development..."), et tout simplement absurdité des situations, des personnages et de l'histoire en elle-même.

 

Gob le Magicien

 

Et bien que les personnages principaux soient assez gratinés, la série propose une galerie de seconds rôles absolument hallucinante, pour laquelle un paquet de guests sont venus s'amuser : Henry Winkler, Liza Minnelli, Carl Weathers, Charlize Theron, Julia Louis Dreyfus, James Lipton et Amy Poelher pour les récurrents, mais aussi Ben Stiller, Christine Taylor, Scott Baio, Rob Corddry, Jane Lynch, Alan Tudyk, J.K. Simmons, Heather Graham, Ed Helms, Dan Castellaneta et j'en passe...

Malgré des critiques positives, la série a toujours eu du mal à trouver son public, même si elle est aujourd'hui redécouverte et appréciée à sa juste valeur grâce aux DVD et à des fans toujours plus nombreux, au point que les auteurs prévoient une suite cinématogrpahique pour bientôt. Chez nous, elle est d'abord passé sur la chaîne Comédie (mais pas en intégralité, me semble-t-il) et récemment sur Virgin 17 (mais seulement en VF, une hérésie pour une série se devant d'être découverte en VO), et un DVD regroupant les 3 saisons va sortir le 1er Octobre de cette année (mais vous pouvez d'ores et déjà vous les procurer séparément).

 

Il y aurait tellement plus à dire sur cette grande oeuvre télévisuelle, mais ce serait gâcher le plaisir des nombreuses surprises qu'elle renferme. Sachez tout de même qu'une fois que vous y aurez goûté il sera difficile de ne pas la regarder jusqu'au bout, et même d'y revenir tellement elle se prête bien à une deuxième (voire troisième) vision. Vous êtes prévenus...

 

TRAILER de la saison 1, qui permet de mieux appréhender l'esprit de la série...

 

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Extras : le monde merveilleux de la figuration selon Ricky Gervais  (Séries TV) posté le mercredi 23 juillet 2008 16:53

 

Ricky Gervais et Stephen Merchant sont les créateurs de l'excellente série The Office, depuis remaké avec brio par les américains avec Steve Carrell dans le rôle-titre. Spécialistes lorsqu'il s'agit de faire rire en montrant les moments les plus embarrassants, gênants et humiliants possibles pour leurs personnages, leur projet de s'attaquer au monde de la figuration, fait d'égos démesurés et de franches désillusions, ne pouvait que faire des étincelles.

 

Ricky Gervais et Ahsley Jensen entourés de divers guests

 

Effectivement, Extras suit donc le destin de deux amis (Andy et Maggie, interprétés par Gervais et Ashley Jensen), figurants de profession mais rêvant de devenir de vrais acteurs. Allant de tournages en tournages, cherchant désespérément à récupérer une ligne de dialogue, les deux s'entendent parfaitement même si le premier déteste tout et tout le monde tandis que la seconde fait preuve d'une joie de vivre étonnante. Malgré le fait qu'il ait le pire agent du monde, Andy réussira à approcher la BBC pour leur proposer une idée de série, tandis que Maggie continuera à avoir du mal à percer.

La première saison s'attarde sur les errements de ces deux personnages, des rendez-vous ratés (ils partagent la même maladresse pour les sorties en couple) aux engueulades avec l'agent minable d'Andy (exceptionnel Stephen Merchant), en passant par les humiliations publiques de leurs anciens amis ayant vaguement plus réussis leur carrière. Tout ceci au travers d'un humour souvent politiquement incorrect, à base d'handicapés, de racisme inavoué, de piques envers la religion et j'en passe. Aussi, le concept de la série étant "1 épisode = 1 guest", des personnalités telles que Ben Stiller (voir vidéo), Kate Winslet, Samuel L. Jackson ou Patrick Stewart viennent se foutre de leur propre gueule (et certains font même preuve d'un humour hallucinant tellement les propos peuvent être virulents).

Contrairement au David Brent de The Office, le personnage de Gervais gagne ici la sympathie du spectateur, même s'ils ont pour point communs d'être deux éternels losers. Ce qui rend les moments humiliants encore plus douloureux pour le spectateur, et ils sont nombreux. Bref, sans être exceptionnelle, cette première saison reste tout de même bien poilante, pour peu que l'on aime l'humour de ces deux auteurs fous que sont Gervais et Merchant. Mais le véritable choc viendra par la suite...

 

Gervais dans sa sitcom minable et le chanteur de Coldplay

 

La deuxième saison commence lorsqu'Andy parvient à débuter le tournage d'une sitcom dont il a eu l'idée. Voulant tout d'abord en faire une oeuvre dont il serait fier, il est finalement obligé d'accepter tout un tas de conditions débiles imposées par la BBC (perruques et lunettes obligatoires pour être "plus drôle", répétitions à l'infini de la phrase-type du show...). Acceptant tout cela à contrecoeur, la sitcom est lancée, les premières critiques sont catastrophiques mais elle parvient tout de même à trouver son public...

Traitant magistralement de la célébrité éphémère et de ses conséquences (sujet déjà rapidement évoqué dans le Christmas Special qui venait clore The Office, où un David Brent venait montrer sa tronche dans des boites de nuit pour surfer sur la diffusion du documentaire), cette deuxième saison hisse Extras au rang d'oeuvre majeure de la télévision. Tout en continuant dans l'humour improbable (faut voir Daniel Radcliffe balancer une capote sur la tête de Diana Rigg), la série lorgne aussi énormément vers le drame, avec cette prise de conscience de leur médiocrité par des personnages pourtant attachants : Maggie qui se rend compte qu'elle n'a rien fait de sa vie, Andy qui deviendra de plus en plus distant et arrogant, des situations de plus en plus gênantes (la branlette sous table de l'agent d'Andy pourrait très bien résumer l'humour de la série : on ne sait plus s'il faut être embarrassé ou pleurer de rire, même si c'est souvent les deux en même temps)...

Le tout culmine dans un Christmas Special d'une tristesse inouïe (pour ma part, première larme versée devant un programme, qu'il soit télé ou ciné, et c'est véridique), où chacun arrivera à ce qui semble être un point de non retour. Je vous rassure, ça reste poilant, mais c'est aussi terriblement douloureux et parfois à la limite du regardable.

 

Composée de deux saisons de six épisodes chacune, et de l'épisode final Christmas Special d'1h20, je ne peux donc que vous conseiller de vous plonger dans l'univers drôle et tragique de ces deux génies que sont Ricky Gervais et Stephen Merchant.

 

Ricky Gervais et certains guests de la saison 2

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Time Warped (du Trey Parker rare et méconnu inside)  (Séries TV) posté le mercredi 23 avril 2008 23:23

Malgré le fait que l'on pense parfois tout connaitre d'un artiste, Internet réservera toujours son lot de surprises. En bon gros fan du boulot de Trey Parker et Matt Stone, et après avoir vu tous leurs films, l'intégrale de South Park, la série That's My Bush et des raretés telles que Your Studio and You, je pensais vraiment avoir fait le tour du sujet et être incollable sur leur carrière.

La découverte des deux premiers épisodes de Time Warped fut donc un (léger) choc. Après avoir vu Cannibal the Musical, le producteur Brian Graden demanda aux deux génies de créer une série dans le ton du film. Ceux-ci lui livrent finalement deux pilotes tout public, qu'il considère bon pour Fox Kids. Malheureusement la chaîne ne fera pas suite à la série, la trouvant, évidemment, trop déjantée.

Time Warped (1995) aurait pu être le résultat d'une partouze entre Il Était une fois l'Histoire, l'humour des Monty Python et les passages chantés des comédies musicales. Au casting on retrouve pas mal de têtes issues de Cannibal the Musical (Dian Bachar, Toddy Walters, Ian Hardin et Jason McHugh), complétées par Parker et Stone qui sont aussi à l'écriture et la réalisation.

Si le résultat n'est pas toujours hilarant, cette vidéo est une curiosité à voir absolument, qui s'intégre parfaitement dans la filmographie des deux génies (un gag sera même repris des années plus tard dans un épisode de South Park), et qui comporte tout de même son lot de séquences débiles et jouissives (voir Parker et Stone en australopithèques déambuler comme des demeurés pour essayer de marcher sur deux pattes suffit largement à notre contentement)... Enjoy !


Time Warped 1/3


Time Warped 2/3

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